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« Pourquoi la Côte d’Ivoire n’est pas un encore devenu un pays émergent » ECONOMIE/ L 'EXPERTISE DE... Moubarak Lo, Conseiller du Premier Min

Économiste de formation, Moubarak Lo explique dans cette interview le sens réel du concept de l’émergence utilisé un peu partout en Afrique depuis quelques années. Pour ce faire, il prend le cas de la Côte d’Ivoire pour étayer ses propos. Il met aussi en lumière le rôle de l’industrialisation dans le développement du continent africain.

Quel est le point de vue du Directeur de Cabinet Adjoint du Président du Sénégal sur la question de l’Industrialisation de l’Afrique ?

En tant que qu’économiste, le développement de l’Afrique nous intéresse au plus haut point et personnellement je travaille sur les questions de l’Émergence depuis 15 ans. J’ai mené en tant qu’économiste des recherches sur la problématique de l’Émergence des Nations. J’ai même écrit sur le sujet, avec un collègue économiste et statisticien Sidiki Guindo, et nous avons mis en place un indice dénommé Indice synthétique de l’Émergence. Nous avons travaillé sur 115 pays notamment des pays africains, d’Asie et d’Amérique Latine etc. Il ressort de nos recherches qu’un pays ne peut s’industrialiser s’il n’intègre pas la transformation de ses ressources propres. Notre indice confirme bien la pertinence de la liaison entre l’industrialisation et l’émergence économique. Ce sont deux faces d’une même médaille. Les pays qui émergent sont généralement ceux qui s’industrialisent. Nous avons pris l’échantillon de 115 pays depuis 1960 et les avons observés par série de dix ans pour voir leur évolution. Nous avons constaté qu’au début il y avait un seul groupe mais nous avons aujourd’hui huit groupes. Ceux qui ont réussi à se détacher pour atteindre l’Émergence, ce sont les pays qui ont réussi à s’industrialiser. En Afrique, nous avons huit pays qui répondent aux critères d’Emergence.

Lesquels selon votre approche de l’Emergence ?

Nous avons dans ce cercle fermé notamment l’Ile Maurice, la Tunisie, le Maroc, l’Egypte, l’Afrique du Sud, la Libye, le Botswana et le Cap- Vert. Vous avez à coté d’eux, des pays comme l’Algérie qui sont très proches de l’Emergence. Il suffit qu’ils améliorent leur système de transformation de l’économie. Vous avez aussi tous les pays pétroliers comme le Gabon, l’Angola, la Guinée Equatoriale qui ont des réserves et des budgets équilibrés et excédentaires ainsi qu’une stabilité macroéconomique. Parce que dans le processus d’Emergence, il y a trois facteurs clés à prendre en compte que sont le Dynamisme économique, la Stabilité macroéconomique et la Transformation. Très souvent, le défi pour ces pays est d’améliorer ce troisième volet qui est la Transformation. C'est-à-dire ne pas exporter leurs produits sous forme brute mais les transformer avant exportation. Le jour où ces pays pétroliers réussiront à relever ce défi, ils rejoindront les huit pays émergents d’Afrique. En les comparant aux pays du Golf comme l’Arabie Saoudite et le Koweït, on a vu comment ces pays ont réussi à utiliser les ressources pétrolières pour diversifier leurs bases économiques. C’est ce travail qu’il faudra faire dans ces pays là.

Pourquoi des pays comme la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Sénégal ne sont pas cités par vous comme des pays qui tendent vers l’émergence en ce moment ?

Concernant la Côte d’Ivoire, je peux dire qu’il s’agit d’un cas particulier. N’oubliez pas que ce pays sort de conflit et a perdu une dizaine d’années dans son cheminement vers le développement. S’il n’y avait pas eu la crise et si ce qui se faisait du temps du Président Houphouët-Boigny avait été perpétué avec la même dynamique au sein d’un pays unifié, ce pays aurait pu prétendre à un rang supérieur. En effet, vous ne pouvez réussir l’industrialisation ou l’émergence dans un cadre d’instabilité chronique et d’absence de cohésion sociale. Ce sont deux pré-requis du processus d’émergence. Nous notons que la nouvelle équipe gouvernementale est en train de prendre les mesures nécessaires pour atteindre l’Émergence à l’horizon 2020 en Cote d’Ivoire. Je pense qu’ils vont y arriver parce que, si vous regardez, il y a la croissance qui augmente rapidement avec des taux à deux chiffres et la découverte du Pétrole. Il y a aussi une volonté d’améliorer le domaine de la transformation. A propos du Ghana, le problème se situe au niveau de la Transformation. En termes d’exportation de produits manufacturés, ce pays se trouve autour de 12% de ses exportations totales. Et le reste ce sont des produits non-transformés. Pour le Sénégal aussi c’est un cas bien différent puisque ce pays transforme un peu plus que le Ghana, autour de 27 à 30 % de produits transformés et exportés. Cependant la base productive est faible puisque le Sénégal n’a pas les mêmes dotations en ressources naturelles que le Ghana et la Côte d’Ivoire. Nous sommes un pays sahélien et nous n’avons pas encore découvert du Pétrole. Malgré tout, nous avons des ressources humaines et des matières premières comme le Phosphate qui nous permettent d’aller de l’avant. Contrairement à la Côte d’Ivoire et au Ghana, nous sommes une économie de services. Et 63% de notre PIB est tiré du secteur des services. Les secteurs primaires et secondaires sont faibles. Il faut donc que nous améliorions la valeur ajoutée dans le secteur des services mais surtout améliorer la production agricole et l’industrialisation parce que nous constatons la disparition de certaines sociétés industrielles dans le textile et la pêche.

Est-ce que selon vous l’Afrique toute entière arrivera-t-elle à s’industrialiser vu que ses matières premières sont génératrices d’emplois dans les pays occidentaux en pleine crise ? En un mot les grandes puissances peuvent-elles laisser l’Afrique se développer sans se faire hara-kiri ?

A mon avis, on donne à l’Europe et aux pays occidentaux des pouvoirs qu’ils n’ont pas. Nous sommes à l’heure de la mondialisation et de l’ouverture des marchés . Le secteur privé international ne fait pas de politique ; son objectif, c’est la rentabilité de l’investissement. Donc si l’Afrique n’arrive pas aujourd’hui à capter les investissements, c’est parce que les pays du continent doivent encore améliorer leur environnement global des affaires et développer leur capital humain.. Sur les marchés internationaux, il y a des capitaux énormes qui sont placés ou qui cherchent à se placer comme des fonds de pensions. Il s’agit pour l’Afrique de mettre en place des stratégies permettant de capter ces financements et d’arrêter de ne compter que sur l’aide publique au développement et le dialogue avec les gouvernements occidentaux pour accélérer le développement. Le vrai développement se fera avec des États africains stratèges qui savent s’organiser.

Interview réalisée par Valéry FOUNGBE

 
 
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