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Politique
 

"Ce que je pense de Dadis Camara " : Kabiné Komara, Ex-PM de Guinée

Kabiné Komara, ancien Premier ministre de Guinée, Haut-commissaire de l’OMVS

Premier ministre guinéen pendant la transition de 2008, sous le Capitaine Dadis Camara,  Kabiné Komara s’est  éclipsé de la scène politique de son pays pour se consacrer à d’autres activités. Il nous a expliqué ses nouvelles fonctions à l’OMVS. Fonctions qui épousent la problématique des changements climatiques. Par ailleurs, celui qui ne se considère pas comme un « homme politique » s’est toutefois, avec beaucoup de tact, exprimé sur la situation politique de son pays. Entretien…

 

Que devient Kabiné Komara  après la transition en Guinée ?

Apres la transition en Guinée, j’ai beaucoup travaillé. J’ai ouvert, juste après mon départ de la Primature, un cabinet de consultance en affaires internationales dans mon pays.  Cinq ans après c'est-à-dire en mars 2013, je suis passé à autre chose dans la mesure où les chefs d’Etats de la Guinée, du Sénégal, du Mali et de la Mauritanie m’ont confié une grande tache en me nommant Haut Commissaire de l’Organisation de la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS).

Qu’est-ce que l’OMVS concrètement et en quoi consistent vos fonctions à la tête de cette organisation ?

L’Organisation de la mise en valeur du fleuve Sénégal est une organisation sous-régionale bâtie autour du fleuve Sénégal, deuxième plus long fleuve d’Afrique de l’ouest avec une longueur de 1830 kms. Créée en 1972 en Mauritanie par le Sénégal, le Mali et la Mauritanie, l’OMVS est actuellement basée à Dakar au Sénégal. La Guinée a rejoint cette organisation en 2006. Ces pays ont décidé, autour de ce fleuve,  de joindre leur destin et valoriser tout le potentiel dans le domaine agricole, logistique qu’il peut contenir. Nous voulons exploiter les potentiels dans la navigation, la protection de l’environnement et la biodiversité etc. Cette organisation est originale de par ses principes fondateurs dans la mesure où ceux-ci édictent que : « Le fleuve et l’ensemble de ses affluents est propriété commune de tous les états membres ». Ce qui en fait un élément d’intégration plus tôt qu’un élément de conflit. « Tout ouvrage à réaliser sur le fleuve est propriété commune de tous les Etats membres », ce qui fait que l’organisation a un réseau électrique de 1700 kms qui produit 260 MW d’électricité consommés par les pays membres à un prix défiant toute concurrence. Nous avons une société de  commercialisation d’eau potable qui vend à 100 % à la ville de Nouakchott,  50%  à la ville de Dakar et assure l’irrigation de plus de 200 mille hectares de terre. Nous avons aussi une société qui doit assurer la navigation sur l fleuve Sénégal sur 900 kms. C’est pourquoi nous participons à toutes les grandes rencontres régionales et sous régionales. Récemment nous étions aux assemblées annuelles de la Bad à Abidjan.

Qu’étiez-vous venu faire  à cette rencontre ?

J’étais à Abidjan parce que nos chefs d’Etats réunis récemment à Conakry nous ont demandé d’accélérer la mise en œuvre de nos programmes pour les cinq prochaines années venir et dont la réalisation nécessite de gros financements (84 milliards de dollars d’investissement). Il s’agit de la construction de trois nouveaux ouvrages hydroélectriques, la mise en place d’un réseau de navigation sur le fleuve, la réhabilitation de notre patrimoine d’ouvrage de régulation. Nous avons donc pris de nombreux contacts avec les bailleurs de fonds traditionnels comme la Banque mondiale, les fonds arabes et  nouer avec d’autres institutions comme la Banque d’investissement du Brésil et fonds indiens, des contacts solides. Et comme les réunions de la BAD drainent toutes ces institutions, nous ne pouvions manquer ce rendez-vous important.

A ce sujet, quels ont été  les résultats de votre visite à Abidjan à l’aune de vos objectifs ?

Nous pouvons dire que ce fut un succès sur tous les plans. En premier lieu, nous pouvons citer notre projet de renforcement de notre réseau électrique qui nécessite un investissement  de 500 millions de dollars et qui a retenu l’attention de quatre bailleurs de fonds qui ont décidé de  le financer entièrement. Deuxièmement, nous avons un projet de navigation sur le fleuve Sénégal qui coutera 160 millions de dollars et nous avons eu une réunion avec une banque indienne qui nous a indiqués en quoi le gouvernement indien pourrait être intéressé par le projet. Cela parce que ce projet, en plus de créer des opportunités d’affaires, permettra un échanges de biens et de services mais bien plus, il impactera sur les activités d’irrigation, de pêche, d’agriculture etc. Troisièmement, un certain  nombre de bailleurs de fonds sont intéressés par la construction de nos trois nouveaux barrages dans le bassin guinéen et du barrage régulateur de  Gourbassy  sur le fleuve Sénégal.  Nous avons eu avec un fonds arabo-islamique un accord de réhabilitation du barrage de Yamankiata. Enfin, dans le domaine de l’écologie et de l’environnement nous avons l’ambition de restaurer les massifs du Fouta-Djalon car la Guinée est le château d’eau d’Afrique avec au minimum 1150 cours d’eau. Parce qu’avec les changements climatiques, nous risquons de perdre une bonne source d’écoulement d’eau si ces massifs ne sont pas restaurés dans les meilleurs délais. Dans cet esprit, les chefs d’Etats ont fait une déclaration de principe à Conakry. Nous mobilisons donc les financements dans le cadre de l’adaptation aux changements climatiques, ce, dans la droite ligne de la prochaine réunion  de la COP 21 à Paris sur le sujet.

Revenons à vous M. le Premier ministre. Préparez-vous votre retour sur la scène politique guinéenne avec cet activisme débordant dans cet organisme sous-régional dans la mesure ou de nombreux dirigeants du continent sortent de ces organisations ou l’utilisent comme tremplin ?

Je voudrais avant de répondre à cette question faire une précision : je ne suis pas un homme politique à la base, je ne l’ai jamais été. Le fait d’avoir été Premier ministre de la Transition en Guinée a été juste une parenthèse dans ma vie professionnelle. Une vie professionnelle que j’ai bâtie en Egypte pendant 14 ans. Et comment suis-je devenu Premier ministre à cette période ? Et bien j’étais en transit à Conakry à cette période quand j’ai été appelé pour diriger la Primature de mon pays. Je me suis acquitté de cette tache avec une certaine rigueur. A ce niveau, je voudrais exprimer toute ma reconnaissance au Président Alpha Condé, qui à l’aune de la rigueur dont j’ai fait preuve dans ma gestion lors de la transition, a expliqué à ses pairs le bien-fondé de ma nomination au poste de Haut commissaire de l’OMVS. Pour revenir à votre question, je voudrais indiquer que j’aime le travail que je fais en ce moment car il a un impact direct sur la vie de nos populations. C’est un travail excitant. Vous savez, l’énergie que nous produisons en ce moment est à 37 FCFA le kilowattheure. C’est la moins chère de toute l’Afrique en ce sens que des packs thermiques qui produisent la même énergie, la vendent au meilleur des cas à 120 FCFA. Donc quand vous contribuez à ce que des pays bénéficient d’un élément essentiel au développement qu’est l’énergie, quand vous leur permettez de faire des économies substantielles de plusieurs milliards, vous êtes enchanté par votre travail. Je me plais dans ce travail  de développement mais sais-t-on jamais avec le cours de la vie. Le destin est là et il faut en tenir compte aussi.

Une candidature, celle de l’ex-chef de la junte Moussa Dadis Camara   a suscité beaucoup de commentaires avant la présidentielle d’octobre. Quel est votre opinion sur le sujet, vous qui avez été Premier ministre de la Transition ?

J’ai comme tous les Guinéens entendu cette annonce. Mais l’obligation de réserve inhérente à mes fonctions à l’OMVS font que je ne peux me prononcer sur cette candidature. La seule chose qui me vient à l’esprit est que la classe politique guinéenne trouvera les moyens, en son sein, la meilleure façon de répondre à toutes les volontés de contribution au débat politique et à la conduite des affaires du pays.

Quel souvenir gardez-vous de l’ex-chef d’Etat Moussa Dadis Camara ?

Je garde de lui le souvenir de quelqu’un qui est arrivé jeune au pouvoir. Il avait d’immenses ambitions pour le pays mais qui naturellement était dans un contexte pas facile, tiraillé par beaucoup de paramètres. Je suis heureux qu’il ait retrouvé sa santé et je lui souhaite bonne chance. Je lui suis reconnaissant de m’avoir choisi parmi tous les Guinéens capables, pour être Premier ministre de la transition. Cette période m’a beaucoup appris et enrichi. J’ai été confronté à des problèmes de haut niveau et je pense que le poste que j’occupe aujourd’hui est la suite logique de la traversée tumultueuse mais fort enrichissante de mon passage à la Primature guinéenne.

Interview réalisée par

Valery FOUNGBE

 
 
impartialement
L’édito de Valery Foungbé
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