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Politique
 

RENSEIGNEMENT EN TEMPS DE NI PAIX NI GUERRE

RENSEIGNEMENT EN TEMPS DE NI PAIX NI GUERRE

Posture des exilés politiques face à un état autoritaire

 

Introduction

Parler du Renseignement n’est pas chose aisée. Il y a de fait peu de littérature sur ce sujet et certainement pas une sociologie complète du Renseignement comparativement à ce qui s’est fait pour la police par exemple. Notre objectif ici n’est pas de faire une revue complète du renseignement en général mais d’ouvrir une piste de réflexion sur l’état et le fonctionnement du renseignement en Côte d’Ivoire au regard de la relation particulière de la France avec son ancienne colonie que nous dénommons usuellement par le terme France-Afrique ou plus simplement par le néologisme, Françafrique et  à la suite de la crise post-électorale qu’a connue ce pays d’Afrique subsaharienne.

Une situation particulière retiendra notre attention : le cas des exilés politiques s’étant organisé en réseau de résistance au régime ivoirien d’Alassane Ouattara.

 

Comment définir le renseignement ?

Nous dirons simplement que le renseignement peut être considéré à la fois comme un produit et comme une activité. En tant que produit, le renseignement est un ensemble d’information ayant pour but d’atteindre un objectif (lutter contre un groupe terrorisme, un État ennemi, obtenir une technologie adverse etc.). En ce sens, le renseignement est différent de l’information journalistique et scientifique. En tant qu’activité, le renseignement est l’ensemble des processus et fonctions des services désignés pour collecter du renseignement. Il faut ici préciser que l’espionnage est une partie des activités du renseignement et non le renseignement lui-même qui est plus vaste.

Les différents types de renseignement

Dans cet article, nous parlerons essentiellement du renseignement de sécurité qui est usuellement désigné en pays francophone par renseignement généraux (en abrégé RG) et qui fait référence au renseignement intérieur et/ou extérieur. Le renseignement de sécurité est celui-là même qui est le plus connu médiatiquement à travers les romans d’espionnage et les films hollywoodiens. Il s’agit du renseignement géré par des agences ayant pour fonction de protéger le territoire national ou d’opérer à l’étranger. On a pour exemples d’agences la NSA et la CIA américains, la DST et la DGSE (ancien SDECE) françaises.

Un autre type de renseignement est celui des forces de l’ordre (police et gendarmerie) qui est dénommé renseignement criminel. Il a pour objet la recherche de renseignement sur les délinquants, les groupes criminels (motards criminalisés, gangs de rue, mafia etc.) et les crimes économiques. Les services policiers n’ont pas vocation à pratiquer le renseignement de sécurité mais dans les faits c’est tout autre chose. Au Canada, la Gendarmerie Royale (GRC) n’a plus le droit de mener des activités de renseignement de sécurité mais malgré que cela ait été confié au SCRS, de fait la GRC en fait effectivement dans l’ombre.

Le renseignement stratégique (ou militaire) quant à lui consiste à surveiller les menaces d’États considérés hostiles en répertoriant leur armement, technologie de guerre, mouvement de troupes et déploiements. Ce sont les services des forces armées qui s’en chargent généralement.

Enfin, il existe le renseignement économique qui consiste à recueillir des informations sur les techniques et technologies, processus et orientations économiques d’autres États (amis ou ennemis) afin de permettre un essor des entreprises nationales et gagner en compétitivité internationale.

Toutefois, dans un monde en constante en mutation, les différentes agences de renseignement ont compris que pour gagner en efficacité, il ne s’agit plus seulement de collaborer avec des agences ayant même vocation de pays partenaires (historiques ou circonstanciels) mais d’échanger des informations entre agences de natures différentes. Ainsi, le FBI gagne à collaborer avec la CIA malgré les vieilles rivalités qui se sont d’ailleurs révélées néfastes quand on évoque le 11 septembre 2001. Aussi, comme nous le mentionnions à propos de la GRC, les différentes agences opèrent bien souvent sur des territoires qui ne leur sont pas assignés de par leur nature, une agence de renseignement intérieur étend bien souvent son champ d’action à l’extérieur et vice-versa.

 

Quel est le cycle et le contenu du Renseignement ?

L’activité du renseignement connaît un cycle de production qui est schématiquement le même pour les différents types de renseignement décrits précédemment.

a)    Une phase de planification des actions et des objectifs

b)   La cueillette elle-même des informations

c)    La validation de ce qui a été collecté

d)   Le classement en fonction des intérêts et sujets ou l’archivage

e)    L’analyse des informations

f)     La diffusion des informations traitées qui deviennent du renseignement. Cette diffusion est faite aux décideurs, aux services de renseignement, au gouvernement ou au public.

Que retrouve-t-on au cœur du renseignement ? Bien évidemment on a des activités d’espionnage, des photos aériennes, l’interception de communication, la recherche à travers des sources ouvertes (recherches universitaires, journaux, radio, télévision etc.), les recherches sur internet et bien d’autres sources nouvelles dont les réseaux sociaux.

Au cœur du renseignement, on retrouve également des activités de contre-renseignement qui sont essentiellement constituées d’enquêtes de sécurité, de filature, d’agents doubles, de cryptographie, des différentes méthodes de manipulation de l’information etc.

Il est intéressant de se pencher sur la manipulation de l’information qui est une activité entière et méthodique faite de désinformation (du public en général) et d’intoxication des décideurs, de propagande, de manipulation des médias, de canulars et de rumeurs. Dans le cas de l’intoxication, cela implique souvent d’avoir eu accès à des sources de l’adversaire.

 

Renseignement en période de ni paix ni guerre

Une période de ni paix ni guerre est caractérisée par un climat assez particulier où des belligérants se regardant en chien-de-faïence essaient de collecter le maximum d’information sur l’adversaire afin de connaître ses intentions, ses plans d’actions futurs et ses capacités de frappe. Dans cette situation, les services de renseignement sont fortement sollicités. C’est effectivement dans ce contexte de ni paix ni guerre que le renseignement, son organisation, ses méthodes et techniques, sa technologie et ses philosophies, s’est le plus développé en Occident, la Seconde Guerre Mondiale ayant posé les éléments favorables pour ce bond !

 

Ceci posé, nous verrons dans la suite de cet article la particularité du renseignement dans le contexte politique actuel en Côte d’Ivoire.

En Côte d’Ivoire, au sortir de la guerre post-électorale de 2011, des citoyens ont été contraints à l’exil et d’autres incarcérés pour atteinte à la sûreté (ou sécurité) nationale. Avant de dresser le tableau du renseignement dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, il importe de définir ce qu’est la sécurité nationale.

Toute définition de la sécurité nationale doit intégrer une volonté de protéger la nation contre des menaces concrètes ou potentielles, la menace militaire étant la préoccupation principale. La sécurité nationale ne peut être par ailleurs définie sans la notion d’intérêt national qui prend en compte la forme de gouvernement, le type de politique en place, l’idéologie des décideurs et la culture politique de l’État.

Le renseignement de sécurité intérieur est donc aussi dépendant de la nature du régime politique dans lequel il prend place. Le spectre des menaces est large en fonction du type de gouvernement. Les régimes autoritaires auront donc tendance à avoir une définition des menaces plus larges que les régimes démocratiques.

 

Revenons-en à la Côte d’Ivoire. Après avoir minutieusement observé le fonctionnement de l’appareil étatique sous le régime du Chef de l’État Alassane Dramane Ouattara, consulté les différents rapports occidentaux (provenant de pays et organisations soutenant le régime ivoirien il faut le noter ironiquement), les indices de démocratie (cf. Economist Group piloté par les Rothschild eux-mêmes, 2016), de liberté civile et politique (cf. rapport Freedom House, 2016), la Côte d’Ivoire se classe haut les mains parmi les régimes autoritaires de cette planète pour l’année 2016 au moins.

Partant de ces rapports d’organisations ayant une notoriété en la matière (que nous ne n’approuvons pas forcément) et de nos observations au jour le jour sur les pratiques du régime, nous affirmons sans sourciller que la Côte d’Ivoire a un régime autoritaire de type dictatorial.

Quelles conséquences sur le renseignement en Côte d’Ivoire ?

Nous l’avons vu plus haut, les notions de sécurité nationale, d’intérêt national et de renseignement de sécurité intérieure sont largement tributaires de la nature du gouvernement et du régime en place. La dictature du régime Ouattara considèrera comme prioritaire son réseau et ses structures de renseignement intérieur, toute dictature ayant pour but de se maintenir par la terreur sinon la peur en combattant les ennemis réels ou supposés sur son territoire.

En Côte d’Ivoire, dès 2011 les partis politiques d’opposition, regroupés au sein de La Majorité Présidentielle (LMP) lors de la période électorale de 2010-2011 et dont le Front Populaire Ivoirien (FPI) de l’ancien président Laurent Gbagbo en est le chef de file, sont considérés eux et leurs sympathisants comme l’ennemi réel ou supposé. De fait, dès après la guerre, nous le mentionnions plus haut, les dirigeants et sympathisants LMP ont été contraints à l’exil pour sauver leur vie ou pour les moins chanceux assassinés ou jetés en prison de façon sommaire et ces derniers y sont encore sans aucun jugement pour la plupart depuis maintenant près de six ans !

Durant les premières années de prise de pouvoir, le régime Ouattara s’est attaché à identifier, rechercher, demander l’extradition, manipuler, désinformer et lancer des rumeurs, le tout en vue de sécuriser le nouveau pouvoir acquis par les armes françaises essentiellement. Il y a bien réussi jusqu’ici.

Les exilés ayant trouvé refuge dans les pays voisins ou à l’extérieur du continent africain sont de deux groupes : ceux qui ont fui une menace réelle pesant sur leur vie (étant activement recherchés par les services du régime) et ceux ayant volontairement choisi le chemin de l’exil au vu de leur militantisme ou sympathie avec le groupement politique LMP. Ces deux catégories d’exilés ont mis ensemble sur pied une campagne spontanée de résistance au nouveau pouvoir.

En ce temps de ni paix ni guerre où le pouvoir mène secrètement une chasse aux sorcières (mais dont les effets sont visibles à travers les arrestations arbitraires, les convocations à la DST, les détentions de journalistes proches de l’opposition, la suspension des journaux de l’opposition etc.) et où les exilés politiques s’activent pour dénoncer la nature dictatoriale du régime, toutes les stratégies sont envisageables de part et d’autre.

Dans cet article, nous focaliserons sur les stratégies de collecte et de traitement de l’information par les exilés politiques ainsi que la valeur et l’impact du renseignement ainsi obtenu.

 

L’avènement d’internet et particulièrement des réseaux sociaux ne fait pas réaliser à un grand nombre de jeunes africains le bond spectaculaire des communications, l’accès à l’information et la possibilité de s’abreuver à diverses sources. Non, ces jeunes ne réalisent pas ce qu’étaient les années 70 et 80 qui étaient pourtant des décennies de développement informatique. Aussi, ils ne peuvent comprendre combien sont importants les outils technologiques entre leurs mains aujourd’hui et qui étaient l’avant-garde du matériel top-secret des agents de renseignement du début de la guerre froide. La CIA elle-même a eu tout un épisode difficile en interne pour se moderniser et se restructurer afin d’intégrer le Directoire des sciences et technologies censé apporter de nouvelles pratiques dans l’espionnage et la collecte du renseignement en général (Richelson, 1997). La réticence au changement et aux nouvelles pratiques a fait rage au sein de cette grande agence de renseignement et les conflits de personnes et de départements révèlent que c’est avec beaucoup de difficulté que les sciences et technologies ont été adoptées. On est loin de la vision James Bond de l’espionnage où les gadgets technologiques font partie intrinsèque de la panoplie des armes du héros.

Aujourd’hui, les réseaux sociaux sont à la disposition des africains. Ces réseaux sociaux sont la forme avancée de ce que les agents de renseignement auparavant mettaient une vie professionnelle entière à bâtir : un réseau d’informateur et d’informations !

Les résistants au régime ivoirien l’ont pourtant compris intuitivement. Pour lutter contre le régime liberticide et autoritaire de Ouattara, ils se sont constitué un réseau de communicateurs principalement sur Facebook et Twitter, d’informateurs tant en Côte d’Ivoire qu’à l’étranger afin de faire passer des informations, dénoncer, attirer l’attention, prévenir, analyser et quelques fois forcer le pouvoir ivoirien à reculer ! Dans ce réseau de communicateurs, des individus ont gagné en notoriété soit par la régularité de leurs publications (les prolifiques), l’originalité et la précision de leurs informations obtenues, leurs scoop qui font le « buzz », leur personnalité avenante ou atypique, la qualité de leurs analyses des situations etc. On y trouve de tout. Du bon et du mauvais. Force est toutefois de constater que ce réseau fonctionne au-delà des espérances des initiateurs et précurseurs (non sans difficultés) et prend au dépourvu le régime de Ouattara et ses soutiens qui sont forcés de suivre en s’adaptant.

La réponse du régime autoritaire Ouattara était prévisible et connue : identifier, catégoriser et suivre par tous les moyens tous ces cyberactivistes et activistes. Il a été question dans les premiers temps de procéder à l’arrestation de certains mais devant les dénonciations soutenues mettant à mal l’image que le régime prend un soin particulier à soigner à l’international, cette méthode a finalement été abandonnée. Les tentatives de corruption, de retournement et d’intimidation ont pris le relai et ces méthodes sont fort familières au monde interlope des grandes puissances elles-mêmes.

En clair, les cyberactivistes, résistants au régime ivoirien actuel, exercent de façon spontanée des activités de renseignement. Toutefois, le manque de connaissance systématique amène des erreurs grossières qui auraient pu être corrigées afin de gagner en efficacité. Certains cyberactivistes, personnes instruites, expérimentées en politique et relation humaines ont l’intuition de ce qui marche et de ce qu’il faut éviter. La majorité surfe toutefois sur la bonne volonté qui n’est pas toujours suffisante pour bien faire, faire avec efficience le travail de renseignement. Le manque de méthodologie conduit bien souvent à des analyses biaisées, fantaisistes ou fausses.

 

Le renseignement de la France en Côte d’Ivoire

La Côte d’Ivoire est propriété française. Le dire n’est point verser dans l’émotion car cette assertion est une vérité tangible historique, politique, militaire et économique. La France a de fait déployé ses antennes de renseignement dans ses « anciennes » colonies afin d’y avoir des relais qui permettent de glaner des informations non seulement sur le continent noir mais également au-delà.

Les procès à la Haye de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé lèvent un coin de voile sur le rôle et les méthodes des services de renseignement français non seulement lors de la crise post-électorale en Côte d’Ivoire mais également dans le cadre du soutien général au régime Ouattara. Sans entrer dans des détails qui nous feraient déborder du sujet du présent article, nous pouvons avancer que la DGSE, service de renseignement extérieur français, a pour mission de collecter du renseignement plus que d’en fournir à ses alliés ivoiriens. Du renseignement tactique militaire a pu être échangé et cela a certes permis de mettre en difficulté l’armée ivoirienne face à la rébellion (au vu des défections, intimidations, retournements etc.) mais il faut surtout comprendre que lors de la guerre post-électorale, la France a tenu à opérer militairement elle-même non seulement en raison de l’incompétence des rebelles ivoiriens mais aussi afin d’avoir peu à donner en renseignement et surtout pas donner du renseignement de nature stratégique dont elle préférerait en garder l’exclusivité. Elle indique, suggère, montre la voie mais laisse les services de renseignement du régime Ouattara se débrouiller quand ils n’ont pas d’information ou qu’ils les traitent mal par manque de compétence. En retour, la DGSE exigera le partage des renseignements obtenus, lorsqu’elle juge les intérêts français en jeu, en indiquant les méthodes pour ce faire ou elle le fera elle-même ! Nous sommes ici en face d’une relation déséquilibrée de coopération entre services mais dont le régime ivoirien, redevable à la France, n’a d’autre choix que l’acceptation.

Ceci dit, la DGSE tient fort probablement son propre fichier à jour de la liste des exilés cyberactivistes et activistes résistants mais ce fichier doit être, dans sa nature et son contenu, de loin fort différent et plus riche que celui tenu par les services ivoiriens. C’est à l’occasion seulement que l’échange d’information ponctuelle doit avoir lieu afin de mener à une opération ciblée et déterminée dans le temps. Pour le reste, le régime ivoirien est probablement livré à lui-même dans sa traque des opposants, résistants et cyberactivistes. Il n’en est pas moins habile, imaginatif et souple dans ses méthodes pour entraver le réseau de communicateurs et résistants cyberactivistes (hacking, signalements à Facebook pour blocages de comptes, faux profils, rumeurs, désinformation, fausses alliances, promesses, menaces etc.).

 

Conclusion

La posture des exilés politiques ivoiriens a été, dès 2011 de dénoncer à travers les réseaux sociaux et sur les chaînes des médias qui voulaient bien les recevoir, les dérives totalitaires du régime d’Abidjan, la chasse aux sorcières, les arrestations arbitraires, les conditions de détention inhumaines, les assassinats et le musèlement de la presse d’opposition ainsi que les menaces contre certains résistants à travers des  pseudo-attaques militaires du régime (tout semble porter à croire qu’il s’agirait plutôt d’auto-attaques soigneusement planifiées) suivies de pseudo-enquêtes accusatoires (on se souvient des accusations du ministre de l’intérieur contre des cyberactivistes vivant en France). Les résistants ivoiriens ont donc, de façon spontanée et naturelle, été mis dans la réalité du renseignement de sécurité. Si nous reconnaissons que le travail acharné et constant a permis de glaner des victoires et de retourner l’opinion internationale sur la situation en Côte d’Ivoire, situation qui n’était au départ accessible qu’à travers le prisme des médias mainstream occidentaux, il est incontestable que cette résistance, dans son effort de cohésion et de création de structures ou de groupes d’intérêts communs, gagnerait à intégrer des séminaires de formation et d’information en divers domaines.

La fédération des compétences diverses en communication politique, histoire, psychologie, droit, criminologie, géopolitique etc…permettrait aux résistants de mieux comprendre le milieu et les pratiques du renseignement qu’ils ont embrassé et de mieux structurer les publications qui parfois desservent leur cause.

La première partie de cet article, dressant le portrait du renseignement en général a eu pour but de situer la place des activités de la résistance ivoirienne dans ce monde emplit de non-dits et de longue tradition du secret.

Le régime ivoirien submergé par la détermination et la densité des attaques et qui finalement s’adapte aux mutations dans le domaine est à son insu un précurseur des méthodes de renseignement et de contre-renseignement que les régimes autoritaires de la planète auront à subir et pratiquer dans un proche avenir. La méthode ivoirienne de résistance s’exporte de fait à travers le continent africain (en excluant les printemps arabes qui, de toute évidence, ont bénéficié du soutien de services de renseignement étrangers) et ailleurs dans le monde.

Comme au temps de la guerre froide, la situation de ni paix ni guerre a été bénéfique pour l’évolution des méthodes de renseignement. Toutefois, les innovations en ce domaine proviennent cette fois d’un continent africain en pleine mutation à caractère révolutionnaire pour les pays sous influence de la France. Tous les services de renseignement tant africains qu’occidentaux devront s’adapter aux pratiques de résistance aux régimes autoritaires engendrées par les Ivoiriens sur les réseaux sociaux en allant beaucoup plus loin que les traditionnelles voies connues de contre-renseignement informatiques.

 

HERVE PHILIPPE

Analyste stratégique criminel & expert en sécurité intérieure.

 
 
impartialement
L’édito de Valery Foungbé
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