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EGYPTE / TRIPATOUILLAGE DE LA CONSTITUTION

EGYPTE / TRIPATOUILLAGE CONSTITUTIONNEL

AL SISSI, LE PRESIDENT DE L’UNION AFRICAINE, NE DONNE PAS L’EXEMPLE

C’est à croire que l’Afrique serait un continent maudit au plan politique, du moins avec certains hommes politiques aux pensées carrément arriérées. Le tripatouillage constitutionnel qui se passe en ce moment en Egypte porte à la croire. Et venant d’un Chef d’Etat qui préside l’Union Africaine pour l’année 2019, cela doit interpeller au plus haut point les dirigeants et les démocratiques africains.

Le Président de l’Egypte, président en exercice de l’Union Africaine pour l’année 2019 est en train d’opérer un tripatouillage constitutionnel qui lui assurera d’être à la tête du pays jusqu’en …2030. A cette date, Al Sissi pourra se targuer d’avoir comme d’autres Présidents africains d’avoir franchi la herse constitutionnelle qui interdit un 3e mandat présidentielle dans certaines Lois fondamentales africaines.

Arrivé brutalement au pouvoir, en renversant un Président démocratiquement élu qui a participé au jubilé de l’Union Africaine, Al Sissi avait fait croire qu’il venait avec sa soldatesque faire avancer la démocratie. Mais depuis, le tombeur du Président Mohamed Morsi ne cesse de liquider les derniers vestiges démocratiques de l’Egypte.

Sissi avait profité d’un mouvement populaire, visiblement suscité à dessein, pour renverser au prix d’un coup d’Etat des plus sanglants, le président Morsi. Ce dernier est emprisonné depuis. Au terme d’un simulacre d’élection, Al Sissi été élu président en 2014, avec 96,9 %. Il a été réélu en 2018, avec 97,08 % des voix, dans un scrutin marqué par l’absence de véritable challenger, et par une série d’arrestations d’opposants.

Visiblement grisé par ses scores soviétiques, Al Sissi est en train de pousser un peu plus loin dans le despotisme. Sûr qu’il est de sa mainmise sur l’Egypte.

Les nouvelles dispositions permettraient de faire passer le deuxième mandat d’Abdel Fattah Al-Sissi de quatre ans à six ans, portant son terme à 2024. Le chef de l’Etat pourrait ensuite se représenter en 2024 pour un troisième mandat, ce qui le reconduirait au pouvoir jusqu’en 2030 et en 2034 au pire des cas.

En effet, les démocrates égyptiens s’irritent du fait que l’un des points de la révision constitutionnelle fasse passer la durée du mandat présidentiel de 4 à 6 ans.

Ensuite, la révision proposée va absolument accroître le contrôle du pouvoir judiciaire par l’exécutif avec la possibilité pour Al Sissi de nommer certains magistrats à des postes clés.

Enfin, l’un des points de la réforme tend à institutionnaliser le rôle politique de l’armée, pilier du régime, par le fait de confier à cette armée le devoir de protéger « la Constitution, la démocratie, la cohésion fondamentale du pays et sa nature civile ». Il sera alors loisible aux militaires égyptiens qui ne sont pas à un putsch près d’intervenir chaque fois dans le débat politique, en invoquant cette disposition équivoque.

Le soutien des démocraties occidentales à la dérive Sissi

C’est un truisme que d’affirmer que le glissement autoritaire et anti-démocratique d’Al Sissi s’opère sous l’œil bienveillant de ses soutiens régionaux dont l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis.

Ce qui est plutôt sidérant, c’est le soutien de certains pays occidentaux, chantres de la démocratie. En effet, en dépit des constantes violations  des libertés démocratiques, M. Sissi est célébré dans toutes les chancelleries occidentales comme un rempart contre le terrorisme. Le Président américain Donald Trump, qui l’a reçu à Washington en début du mois d’avril n’a-t-il pas déclaré péremptoirement : « C’est un super-président ! »

Pourtant l’Egypte de Sissi compte selon plusieurs ONG de Droits de l’Homme plus de 60 000 détenus politiques, des milliers de disparus forcés, 1964 personnes condamnées à mort, une vingtaine journalistes emprisonnés. Plusieurs médias en ligne bloqués, des ONG fermées et leurs dirigeants interdits de voyager.

En août 2018, une loi a été adoptée qui permet de surveiller les Egyptiens qui ont plus de 5000 abonnés sur les réseaux sociaux, de les bloquer en cas de « fausses nouvelles » et même de les interpeller.

Comble de la dérive autoritaire du Président Al Sissi, l’interdiction de la vente de gilets jaunes en Egypte depuis décembre 2018.

Toutes ces dérives n’ont pas ému un Président comme Emmanuel Macron. En octobre 2017 déjà,  le président français Emmanuel Macron refusait d’ouvrir les yeux sur les dérives autoritaires de celui qu’il recevait à l’Elysée.  Gêné aux entournures, il déclarait que « De la même façon que je n’accepte qu’aucun autre dirigeant ne me donne des leçons sur la manière de gouverner mon pays (…) je n’en donne pas aux autres. »

Mais comment froisser la susceptibilité d’un président dont le pays représente un marché de première importance, troisième d'Afrique derrière le Nigeria et l'Éthiopie. La France qui n'est à ce jour que le onzième fournisseur de l'Égypte, ne va jamais prendre le risque de plomber un marché juteux pour ses industriels.

D’ailleurs, lors de son récent séjour au Caire en janvier 2019, Macron avait son escouade d’industriels français avec lui. Les dirigeants PDG de la SNCF ou d’Orange, les patrons de Naval Group, Dassault Aviations, Airbus Helicopters sont du voyage, d'Engie, de Vinci, de Veolia ou encore de la RATP sont venus au Caire pour prospecter et même signer des partenariats dans le cadre de l'extension et l'entretien du métro du Caire, la création d'un parc éolien dans le cadre du développement des énergies renouvelable et  de l’armement.

Concernant la vente juteuse d’armes, il ne faut pas perdre de vue que depuis 2013, la France est devenu le premier fournisseur mondial de l’Égypte en matériels de guerre, de sécurité, de surveillance des populations, surpassant les États-Unis et allant même, cyniquement, jusqu’à rafler dernièrement des contrats que l’Allemagne a refusés du fait de la gravité des violations de droits de l’homme dans ce pays.

L'Agence française du développement (AFD) estime même qu’elle accompagnera dans le cadre d'une nouvelle convention des projets à hauteur d'un milliard d'euros, principalement dans le domaine de l'innovation.

 

Dans une Egypte résignée, pour le moment, et avec le soutien de ses parents arabes et occidentaux, le Président Al Sissi n’a rien à craindre. Il pourrait se permettre tout et mettre son pays en coupes réglées comme il le fait depuis 2013. Ce n’est pas non plus le silence complice et coupable des dirigeants africains et de l’Union Africaine qui apportera une once d’espoir aux Egyptiens qui ne savent plus s’il faut plus regretter l’échec du fameux printemps arabe, l’époque de Hosni Moubarak ou le coup d’Etat contre Mohamed Morsi, le premier président civil élu démocratiquement.

VALERY FOUNGBE

 
 
impartialement
L’édito de Valery Foungbé
Le dilemme fondateur
Le 1 février 1969, Cyrus L. Sulzberger, journaliste au New York Times donnait cette réplique à Michel Débré qui se plaignait à lui sur le traitement qu’il faisait de la politique française dans son journal : « On ne peut attendre d’un journaliste des louanges. Il écrit pour expliquer et informer. Il entend, il observe, il analyse, puis il fait son rapport. Personne ne lui demande de tremper sa plume dans de l’acide. Mais il ne doit pas non plus la tremper dans de l’eau bénite. » Toute la problématique du journalisme est résumée dans cette phrase. Tout le dilemme du journaliste également. Peut-on être vraiment impartial en journalisme sans passer pour un partisan de l’immobilisme et des fuites en avant devant les
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