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  Breve : ETHIOPIE / TENTATIVE DE COUP D'ETAT : LE CHEF D'ETAT-MAJOR DE L'ARMEE TUE PAR SON GARDE DU CORPS  
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Politique
 

INTERVIEW EXCLUSIVE / AVIATION EN AFRIQUE

Abderrahmane Berté, Secrétaire Général de l’AFRAA

« Les taxes et les redevances que payent les compagnies représentent 40 % du prix total du billet d’avion»

Elu il y a quelques mois comme Secrétaire Général de l’Association africaines des compagnies aériennes ( AFRAA en anglais) , le Malien Abderrahmane Berté a assisté au lancement du marché unique africain du transport aérien en Ethiopie. Des implications de cette nouvelle donne dans le transport aérien africain, il en parle dans cet entretien.

 

Depuis combien de temps parle-t-on d’un Marché unique africain dans le transport aérien ?

Depuis 30 ans, les Etats africains ont signé une déclaration pour promouvoir le transport aérien avec pour finalité la libéralisation du ciel africain. Cela sous-entend la coopération entre les compagnies africaines. Cette déclaration a mis du temps à se mettre en route.

Depuis 2015, les Chefs d’Etats africains ont décidé d’ouvrir le ciel africain. 11 Etats ont décidé d’y adhérer dès 2015. Aujourd’hui, il y a 23 Etats qui sont partants pour ce projet et qui ont décidé de lever toutes les barrières dans le droit du trafic aérien africain. Il reste une trentaine d’Etats à convaincre afin qu’ils adhèrent. C’est un moment historique pour le transport aérien africain.

 

Qu’est-ce qui change avec ce marché unique aérien ?

Le marché unique aérien va permettre aux compagnies de mieux se développer. Le transport aérien est une activité transfrontalière et donc si vous n’avez pas accès au marché, vous ne pouvez pas développer votre activité. Aujourd’hui, nous avons constaté que certains pays mettaient assez de barrières au niveau du transport aérien. Donc la levée de ces barrières permettra d’accroitre le trafic. La conséquence directe est que les voyageurs vont en profiter par la réduction du coût des billets d’avion.

Il y aura aussi un essor de ce que l’on appelle la connectivité dans le transport aérien. En effet, vous savez que souvent pour aller d’un point A à un point B en Afrique, nous sommes souvent obligés de monter en Europe d’abord. Notre souhait avec ce marché unique est d’avoir le plus de lignes directes possibles. Nous assisterons aussi à un développement du tourisme qui prend une part active dans certaines économies africaines.

Nous souhaitons, en tant que AFRAA, être prêts pour faire face à ce développement avec un niveau de sécurité et de sureté convenables.

Nous souhaitons créer un environnement favorable à nos compagnies aériennes en réduisant les coûts d’exploitation. Car celles-ci ne peuvent offrir des billets d’avion à bas prix si ces coûts d’exploitation sont toujours élevés. L’Afrique est aujourd’hui la zone la plus chère en matière d’opération aérienne comparativement aux autres zones du monde.

Pourquoi l’Afrique continue d’être la zone la plus chère ?

Cela persiste parce nous pensons que les Etats ne mettent pas trop en avant les politiques de développement du transport aérien. De plus, il y a des taxes inexpliquées imposées au transport aérien. Ce qui fait qu’au final les passagers préfèrent prendre le bus ou des cars en faisant deux ou trois jours de route pour une distance que l’avion ferait en deux heures.

Souvent, les taxes et les redevances que payent les compagnies représentent 40 % du prix total du billet d’avion. Cela est énorme.

Que peut faire l’AFRAA pour que le marché unique aérien soit une réalité pérenne ? Et comment pouvez-vous agir pour la réduction du coût des billets ?

L’AFRAA est une association de compagnies aériennes dont l’objectif est de servir les compagnies, défendre leurs intérêts et promouvoir le développement du transport aérien. Nous faisons donc des plaidoyers auprès des décideurs, des acteurs de l’industrie aéronautique pour qu’ils prennent conscience du fait que le développement du transport aérien en Afrique est important. Parce que le transport aérien est intégrateur. Et du fait de l’inexistence du vrai réseau routier africain, le transport est le seul moyen de rapprocher les économies. Notre plaidoyer vise à créer l’environnement propice pour les compagnies et la réduction des taxes supportées par les passagers.

 

Comment votre plaidoyer peut-il être entendu quand seulement 23 pays africains sur 54 ont décidé de s’engager dans ce marché unique ?

Comprenez que c’est un processus très long. En effet, il y a eu d’abord la déclaration de Yamoussoukro en 1988, ensuite une décision de Yamoussoukro en 1998 et 1999, qui demandaient la libéralisation des droits de trafic. Or certains Etats ont continué à maintenir les blocages. Tout simplement parce que certaines compagnies nationales sont un peu frileuses parce qu’elles pensent qu’ouvrir le ciel africain signerait leur disparition face aux autres compagnies qui ont des moyens énormes.

Elles n’ont certes pas totalement tort. Et c’est bien pourquoi dans la mise en œuvre de ce marché unique africain, il y a des normes législatives qui ont été mises en place avec aussi la présence de la Commission africaine de l’avion civile, pour définir les règles de compétition entre les compagnies. Mais aussi protéger les consommateurs. Cela évite une libéralisation sauvage qui aurait des conséquences pour les compagnies aériennes africaines.

 

Cependant, il y a une réalité que les compagnies devraient savoir : Seule, on ne peut pas tout faire. Donc, il faut une coopération entre compagnies aériennes. J’ai été Directeur Général de petites compagnies, si on peut parler en ces termes, avec Air Mali qui avait 5 avions pour 13 destinations et Air Burkina qui avait 3 avions à un moment donné.

Ma politique, à ce moment, a été de toujours coopérer avec les autres compagnies aériennes plutôt que de m’engager dans une concurrence inutile. A cet effet, il y a plusieurs façons de coopérer. Il y a les accords interlignes, c’est-à-dire l’acceptation des billets entre différentes compagnies. On peut faire le Cop-Share, c’est-à-dire un vol qui opère pour les deux compagnies avec le même numéro de vol. On peut aller beaucoup plus loin en faisant ce qu’on appelle la Coordination des vols. Chaque compagnie opère sur le sol de deux pays en mettant en correspondance les passagers sur les vols.

Pour vous donc, ils monteront dans les wagons du train du marché unique…

Je pense que l’avenir du transport africain dans cette coopération à l’échelle continentale. Nous n’avons pas le choix vu que le transport aérien va doubler ou tripler dans les 15 ou vingt années à venir. Comment faire pour transporter tout ce monde ? Il faut des compagnies, il faut des capacités. Le train de la libéralisation est en route, il faut le saisir tout en restant à l’écoute des préoccupations des uns et des autres.

J’ai espoir que les pays qui n’ont pas adhéré vous le faire rapidement. Parce que qu’est-ce qui va se passer ? Une compagnie d’un pays qui n’a pas adhéré, va se retrouver isolé parce que lorsqu’il va opérer dans un pays membre du marché unique, il va être en face de compagnies ayant adhéré qui ont plus de facilités et de capacités opérationnelles. Donc, elles auront des difficultés d’accès aux marchés et les résultats financiers ne seront pas au rendez-vous.

Le Thème du 30ième Sommet de l’Union africaine en 2018 portait sur la lutte contre la corruption. Est-ce que ce fléau existe dans le domaine de l’avion ?

C’est une question difficile mais on peut y répondre en disant que la corruption existe partout. Dans le transport aérien, je n’ai pas été personnellement confronté à ce problème mais je suis persuadé que cela existe puisque le transport aérien ne saurait constituer une exception. Mais dans notre domaine les enjeux sont tellement grands que la corruption peut y avoir des conséquences très graves. Qui dit corruption dans l’aviation dit en même temps que les bonnes décisions dans l’intérêt de l’entreprise ne sont pas prises.

Dans le transport aérien, si vous achetez des avions qui ne sont pas adaptés pour le marché, votre compagnie va fermer in fine. Le transport aérien est un métier délicat qui demande beaucoup d’expertise.

 
 
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