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  Breve : BOLIVIE : UN COUP D'ETAT DEGUISE EN CONTESTATION ELECTORALE  
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ALGERIE / POURQUOI L’ARMEE NE VEUT PAS QUITTER LE POUVOIR..

ALGERIE /  APRES LA DEMISSION DE BOUTEFLIKA

POURQUOI L’ARMEE NE VEUT PAS QUITTER LE POUVOIR...

Après avoir contraint, dans un scénario digne d’un film de mafia, Bouteflika à démissionner, l’armée algérienne montre qu’elle a facilité cette échéance pour préserver ses intérêts plutôt que pour servir les aspirations démocratiques qui ont déclenché les manifestations contre le 3e mandat du président sortant. Quelles sont les raisons de cette omniprésence des militaires dans les rouages du pouvoir ? Décryptage.

Il était devenu la risée de toute l’Afrique. Il symbolisait cette tendance des Chefs d’Etat africains à s’accrocher au pouvoir quitte à l’exercer même sur un lit d’hôpital suisse. Les quolibets des Africains, les sarcasmes du monde n’ont pourtant pas eu d’effet sur sa volonté ou du moins celle de son clan à exercer le pouvoir ad vitam aeternam.

Contre le bon sens, Abdelaziz Bouteflika a eu le culot de regarder les Algériens par-dessus de son fauteuil roulant de grabataire pour annoncer sa volonté de briguer… un cinquième mandat. Apparemment, les 20 ans passés au pouvoir n’ont pas suffi. C’était mal connaitre le peuple algérien qui, lassé d’être tourné en bourrique par une classe politique qui n’aspirait à aucune alternance, est descendu dans les rues. Pour mettre le holà à ce mélodrame dont Bouteflika était soit le bénéficiaire soit la victime.

Mais alors que le peuple croyait avoir mis fin au régime Bouteflika, l’armée algérienne, à travers son Chef d’Etat-major est en train de tiédir l’ardeur et la ferveur des démocrates algériens. Ceux qui avaient rêvé d’une armée, neutre dans le débat démocratique et garante des avancées démocratiques ne comprennent pas la démarche de crabe de l’armée. Celle-ci n’a aucunement l’intention de lâcher les leviers du pouvoir.

Rôle de l’armée dans la formation de l’Etat algérien…

Pour comprendre l’omniprésence de l’armée algérienne dans les cercles du pouvoir, il est nécessaire d’interroger d’un regard rétrospectif l’histoire de la formation même de cet Etat. Le 5 mars 1962, lorsque sont signés les accords d’Evian qui mettent un terme à la sanglante guerre de libération et d’émancipation contre l’occupant français, l’Algérie n’a pas encore une armée à proprement parler. Son indépendance a été obtenue par le travail et la coordination de plusieurs groupes armées qui ont fait face à la France ; les principaux étant l’Armée de Libération Nationale (Armée des frontières et les Maquisards en interne) et le FLN (parti politique).

Ces groupes vont passer d’armée insurrectionnelle en une armée conventionnelle  sous le nom d’Armée nationale populaire (ANP) d’abord.  Cette armée va s’affirmer comme force politique en se retrouvant au sein du Conseil de la Révolution dès le 19 juin 1965 (et plus tard au Bureau Politique du FLN).

L’Etat algérien doit donc sa naissance à l’action de son armée. C’est cette armée qui créé donc l’Etat-Nation aux lendemains des indépendances, en prenant une place plus que prépondérante dans la marche dudit Etat qui sort d’une terrible guerre de libération contre l’occupant français. Et très tôt s’installe une con fusion de rôle entre le parti politique dominant et l’armée.

A ce sujet,  le Président Ben Bella tirera la sonnette d’alarme : « La reconversion de notre appareil politico-militaire est indispensable. Nous devrons faire la distinction entre le parti et l’armée.»

La question était délicate car pour le Colonel  Houari Boumediene, alors principal responsable de l’armée, celle-ci ne pouvait être écartée ainsi de la gestion des affaires de l’Etat, du fait de son rôle central. « Aucune révolution réelle n’est réalisable sans la présence d’une armée d’origine populaire, d’idéologie révolutionnaire, alliée des masses laborieuses.»

Toute la problématique était là. Dès le 19 juin 1965, l’armée algérienne, avec en tête le Ministre de la Défense Boumediene, s’empare de tout le pouvoir et va le régenter à sa façon. Comme l’indique l’auteur et Avocat Algérien Ammar Korhogli, « Pour ce faire, la direction de l’armée va se révéler être une véritable structure gouvernante, les cadres de l’ANP se répartissant, semble-t-il, en trois groupes : les officiers formés par l’armée française (250 officiers) et ayant rejoint la cause du FLN après le déclenchement de la guerre de Libération nationale, les anciens chefs des maquis de l’intérieur très actifs politiquement et contrôlant de nombreuses régions militaires et les jeunes officiers formés en Egypte et en URSS qui constituent le gros des cadres et absents des postes politiques de l’armée et de l’administration. »

11 ans après le putsch du 19 juin 1965, l’armée algérienne va cimenter dans la loi fondamentale sa volonté de jouer les premiers rôles au plan politique, économique et social. En effet, elle étend ses prérogatives qui étaient jusque-là limitées à  « la défense du pays ». Ainsi l’article 82 de la Constitution de 1976 disposera que « l’Armée nationale populaire (ANP), instrument de la Révolution, participe au développement du pays et à l’édification du socialisme ».

Ammar Korhogli notera donc à partir de ce tableau que « C’est ainsi que, de la primauté du parti sur l’institution militaire, on est passé à la suprématie de celle-ci à celui-là. De fait, une fois l’indépendance acquise, objet de la lutte de Libération nationale, la direction de l’armée s’est trouvée placée en position de prendre le pouvoir, de bâtir l’Etat et l’ensemble des institutions y afférentes et d’affirmer l’idéologie qui gouvernera la nation ».

En dépit de la présence de quelques civils, le pouvoir est en fait géré par les militaires de 1965 à 1979. Durant cette période, des militaires influents, qui n’étaient pas au gouvernement ou dans les Wilayas, se sont vus soit confier des postes de responsabilité à la tête d’entreprises publiques, soit accorder des prêts importants pour la création d’entreprises privées.

Disgrâce et retour au premier plan des militaires…

Entre 1979 et 1992 cependant, le Président Chadli Bendjedid bien qu’étant un ancien membre de l’Armée Nationale Populaire, va essayer de minorer l’influence des vétérans de cette Armée Nationale Populaire dans la gestion des affaires de l’Etat.

 

Mais dès 1986, avec les incidents à Sétif et à Constantine, l’armée va amorcer lentement son retour dans l’appareil de décision de l’Etat. En 1988, d’autres manifestations réclamant la pluralité des partis politiques débouchent sur de graves incidents en octobre. Un peu en avance sur la frénésie démocratique de 1990, ces manifestations vont aboutir à la promulgation de la Constitution de 1989 introduisant le pluralisme.

Officiellement, l’armée est en retrait de la chose politique mais derrière, ceux que l’on nomme les « DAF » ont essaimé tous les rouages de l’armée et tissent allègrement leur toile. Ces DAF, ce sont les officiers et soldats algériens « Déserteurs de l’Armée Française » en 1958.

Au début des années 1990, la situation sécuritaire avec l’entrée en rébellion des hommes du Front Islamique du Salut à la suite d’un contentieux électoral va permettre aux militaires  de revenir en force. Ils vont se poser en défenseurs de l’intégrité territoriale lors de la guerre civile de 1992 à 1999. Confrontées au terrorisme et à ses affres, les populations algériennes ne peuvent qu’avoir pour dernier rempart et recours, l’armée.

Bouteflika et le premier pouvoir civil en Algérie…

Lorsqu’il est élu en 1999, Abdelaziz Bouteflika a une idée précise de ce qu’il veut faire. Premier président non-militaire, il entend amoindrir la mainmise de l’armée dans les affaires de l’Etat. Il va dans cette optique d’appuyer sur d’anciens militaires dont la légitimité historique au sein de l’Armée Nationale Populaire est établie. C’est ainsi qu’il va propulser l’actuel Chef d’Etat-Major.

Nommé en 2004, le Général Ahmed Gaïd Salah s’est  chargé du ménage en éliminant certains contre-pouvoirs, en mettant notamment fin aux prérogatives très importantes du Département du renseignement et de la sécurité (DRS), dirigé par l’inamovible général Mohamed Médiène alias Toufik ». Le DRS a été dissous en 2015.

Caution militaire du régime Bouteflika, Ahmed Gaid Salah faisait partie du groupe des Maquisards algériens lors de la guerre de libération. A côté de Bouteflika, il incarnait les vestiges glorieux de l’époque de la lutte armée. Attendait-il depuis son heure, pour remettre l’armée au cœur des hautes sphères décisionnelles au plan politique en Algérie ? Tout porte à le croire.

En effet, après avoir tenté d’intimider les manifestants qui disaient non au cinquième mandat de Bouteflika, le Chef d’Etat-Major, voyant le vent tourné, s’est subitement désolidarisé du système en déclarant qu’ « « Il devient nécessaire, voire impératif, d’adopter une solution pour sortir de la crise, qui répond aux revendications légitimes du peuple algérien, et qui garantit le respect des dispositions de la Constitution et le maintien de la souveraineté de l’État ».

Evoquant l’article 102 de la Constitution, prévoyant l’empêchement, il prend le devant des choses pour exiger au Conseil constitutionnel de destituer le Président. Un coup d’Etat en douceur dont la finalité n’a pas échappé aux Algériens : un changement d’homme mais pas du système Bouteflika et surtout une prise en main de l’armée. C’est le sens des manifestations continues des Algériens qui maintiennent la pression.

Des raisons économiques…

Si les militaires algériens refusent de se cloitrer dans les casernes et laisser les mains libres aux civils pour gérer le pouvoir, c’est aussi parce que l’armée représente un grand enjeu économique dans le pays. Les dépenses militaires  sont énormes vu la taille de l’armée et ses ambitions.

Dans sa dernière édition de 2018, le site américain spécialisé dans les questions de défense Global Fire Power (GFP) classe l’armée algérienne en deuxième position en Afrique derrière l'armée égyptienne qui occupe le 12e rang mondial. Selon ce site, l’armée algérienne est la 23e armée la plus puissante au monde.

A en croire ce site, l'armée algérienne dispose de 520.000 militaires actifs et 272.350 réservistes. En matière d'armements, elle dispose de 528 avions de différents types, 2.405 tanks et 85 navires, dont huit frégates, huit sous-marins et 13 corvettes. En 2016, ce pays  avait un budget militaire estimé  à 10.57 milliards de dollars… De quoi à faire saliver. Au détriment des vertus de la démocratie et des aspirations du peuple algérien.

 

 
 
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