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  Breve : COTE D'IVOIRE / BENIN : LE PRESIDENT PATRICE TALON ETAIT A ABIDJAN  
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Politique
 

Assiétou Sylla Diouf, Directrice du Programme, des Finances et du Budget de l’Union Africaine sur le financement de l’UA:

Assiétou Sylla Diouf, Directrice du Programme, des Finances et du Budget de l’Union Africaine sur le financement de l’UA:

« Les Etats commencent la phase d’implémentation du projet » 

Elle est au cœur des questions liées au financement et à la budgétisation des programmes de l’Union africaine. Assiétou Sylla Diallo se veut donc  héraut de la Décision de Kigali qui a balisé la politique de l’Union africaine sur cet épineux problème. En sa qualité de Directrice du Programme, des Finances et du Budget de l’UA, elle met en lumière ce qui va se passer concernant le financement de l’organisation panafricaine.

 

Madame la Directrice, le 28e sommet de l’UA est revenu sur la décision de Kigali. De quoi s’agit-il concrètement et en quoi est-il bénéfique pour l’Afrique ?

Au sommet de Kigali, en 2016, les Chefs d’Etat ont pris la décision historique d’œuvrer au financement de l’Union africaine. Ils ont décidé de mettre en place une taxe de 0.02 % sur les produits à l’importation qui viennent de l’extérieur et qui entrent en Afrique. Sur la base de cette taxe, nous allons collecter un montant qui va aider à financer le budget de l’Union Africaine.

 

De quels budgets s’agit-il dans la pratique ?

Quand on parle du budget de l’Union Africaine, on ne parle pas du budget de fonctionnement. Il s’agit plutôt de quelque chose qui a trait au développement du continent. Parce qu’avant la décision de Kigali, les Chefs d’ Etat avaient déjà pris la décision à Pretoria de financer 100 % du budget opérationnel, 75 % du budget de programmes et 25 % du budget des opérations de paix et sécurité. C’est pourquoi nous pensons que la décision de Kigali est une décision historique. Nous y travaillons en fait depuis une décennie. Mais ce n’est qu’en 2016 qu’un consensus a été trouvé avec un mécanisme unique qui a été mis en place en 2017. En ce moment, les Etats commencent la phase d’implémentation du projet.

 

Pour en arriver à cette décision de Kigali, les Africains ont dû prendre conscience des dangers de leur dépendance face à l’extérieur. A quel niveau se situe cette dépendance au moment où la décision de Kigali entre en vigueur ?

Le problème de la dépendance de l’Union Africaine sur le financement de nos budgets par rapport à nos partenaires s’est toujours posé. Nous n’allons pas nous voiler la face et c’est d’ailleurs l’une des raisons qui a conditionné la décision de Kigali. A quel niveau de dépendance sommes-nous ? Cela dépend de quel type de budget dont nous voulons parler. Comme, nous le disions tantôt, nous avons le budget de fonctionnement, le budget de programme et le budget paix et sécurité. La part des Etats-Membres complètement différente dans ces trois composantes. En ce qui concerne le budget de fonctionnement, il est financé entre 80 et 90 % par les Etats africains. Le budget des programmes connait une interaction plus grande de nos partenaires extérieurs qui financent des projets liés aux changements climatiques, aux infrastructures, aux questions du Genre. Le ratio de leur intervention est largement au-delà de la moitié. La situation devient encore plus sérieuse lorsqu’il s’agit du budget de paix et sécurité.

 

Sur le long terme, l’Afrique pourrait-elle un jour être indépendante sur le financement de ces trois budgets ?

Absolument ! Et les études ont montré que l’Afrique a les capacités, avec l’instauration de cette taxe de 0.02 % sur les importations de lever à peu près 1.4 milliard de dollars sur quatre ans. Les estimations que nous avons faites nous montrent qu’en termes de besoin de financement, même si nous faisons des projections de croissance qui soient raisonnables, on se retrouve avec un besoin de financement d’environ un milliard  à l’horizon 2020. Et cela se veut graduel car pour cette année, nous avons tablé sur un financement de 400 millions de dollars alors que les taxes pourraient générer 1.2 milliard de dollars. Donc nous avons une marge. Et les discussions sont en train d’être menées sur l’utilisation de l’excédent des ressources financières collectées. D’après la décision de Kigali, ces excédents reviendront aux Etats. C’est-à-dire que lorsque nous constatons qu’un pays X a cotisé de sorte à atteindre ses engagements au niveau de l’Union africaine, l’excédent lui revient de droit. Ce pays peut en faire l’usage qu’il voudra en fonction de ses priorités. Nous avons aussi ouvert d’autres discussions sur la possibilité d’utiliser ces excédents avec la BAD pour financer des projets continentaux.

 

Ce n’est pas la première fois que l’Union africaine évoque une taxe pour assurer son financement. Il a été déjà question d’une taxe sur l’agriculture qui n’a pas eu de suite concrète. Comment allez-vous faire pour avoir effectivement ces fonds et, sur quels produits spécifiques ces taxes vont-elles s’appliquer ?

Votre question touche au descriptif du mécanisme. Il est simple dans son essence dans la mesure où il existe déjà dans au moins deux régions de l’Afrique. Il est basé sur ce qu’on appelle la crise des produits éligibles. C’est-à-dire que chaque pays africain, en fonction de ses priorités de développement politique, économique et social a une liste de produits auxquels il octroie des exemptions particulières et d’autres qu’il décide de taxer. Cela va se faire pour cette taxe et les Etats ont la liberté de déterminer les produits en question. La décision de Kigali n’impose rien à ce niveau. Pour percevoir les fonds inhérents à la taxe, ce sont les autorités douanières de chaque pays qui se chargeront de le faire à la source. Ensuite, elles verseront les sommes en question dans un compte spécialement ouvert dans les différentes banques centrales. Ces dernières sont chargées in fine de faire le versement au niveau de l’Union africaine. Voilà comment le mécanisme va fonctionner à propos de cette taxe de 0.02 %.

Existe-t-il dans la décision de Kigali une ou des dispositions visant à contraindre les Etats Africains à s’acquitter réellement de cette somme ?

Il faudra avant tout propos sur cette question souligner la volonté politique affirmée de nos Chefs d’Etat à parvenir à une indépendance financière. Cela a été réaffirmé lors du 28e sommet de l’Union africaine comme aux précédents sommets. Sur le principe, tout le monde est d’accord. Maintenant d’un point de vue pratique, l’Union africaine dispose de règles existantes en matière de coercition. Ce sont les sanctions. Qui s’appliquent dans les cas de défaut de paiement des Etats-Membres.  Cela est connu, toutefois dans le cadre des réformes de ce 28e sommet de l’Union africaine, il a été prévu de revoir ses mécanismes de sanction et de les aligner sur la nouvelle décision de financement. Donc, il est probablement attendu que le mécanisme de sanction sera revu pour pouvoir accompagner cette nouvelle dynamique.

 
 
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